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PROPOS ET CRITIQUES
« Incapable de se réfugier dans la tour d’ivoire des
théories changeantes des esthéticiens et autres adeptes de l’histoire
de l’art, il réagit face à la condition humaine et nous en donne des images
à la fois symboliques et prophétiques. »
La vitesse est courbe et transparente. La réalité cligne des yeux et le peintre égratigne la lumière tandis que l’oeil ne se pose que sur l’incertitude du mouvement. Le geste lui-même est grafitti. |
« L’intégration des ces images impose au spectateur
une lecture en duplex conditionnée par deux factures distinctes. L’une
très nette, cernée et l’autre fortement texturée par le frottis. Cette
façon de faire inusitée engendre par ailleurs une interaction paradoxale
et complémentaire dans l’espace pictural, en raison de la nature hétéroclite
des images qui y sont disposées. » « Depuis ses dessins et ses gravures du début
des années soixante, Boisvert accorde beaucoup d’importance à la spontanéité
et à l’improvisation de signes graphiques comme mode de structuration
de ses images d’écriture. Le signe graphique, élaboré à larges coups de
brosse, trés énergique » « Les oiseaux de malheur représentent
tous les dégats du monde depuis les balbutiements de Guernica au high-tech
de Bagdad, la mort qui frappe du haut des airs, aveuglément, le vieillard,
la mère et l’enfant, qui n’ont commis qu’un seul impair, se trouver là
où tombe la bombe. » « Gilles Boisvert
est un créateur qui depuis les premiers instants de sa carrière déborde
les cadres du Québec. Incapable de se réfugier dans la tour d’ivoire des
théories changeantes des esthéticiens et autres adeptes de l’histoire
de l’art, il réagit face à la condition humaine et nous en donne des images
Ă la fois symboliques et prophétiques. Il n'est pas pour autant moralisateur,
il garde un sain optimisme et joue à la fois sur les claviers de l’effroi
et de l’espoir. Boisvert est un élément constituant de la conscience de
l’art au Québec. » « à coup sûr,
le travail est remarquablement habile, et Boisvert excelle à créer d’heureuses
ambiguités Ă partir d’un vocabulaire qu’il connaît bien, comme il arrive
à suggérer une foule de relations entre la gestualité de la peinture et
les figures qui sont entrain de s’y fondre. » « Ce qu’on est
bien forcé d’appeler la méthode de Boisvert crée une tension et une scansion
à l’intérieur d’un espace lyrique dont le fond oblitère parfois les personnages
en les faisant participer Ă l’activité gestuelle de l’artiste. » « Pas de recoins
sophistiqués où cacher son propre doute ; ce qui a voulu être dit est
dit. Simplement. Avec l’impact des séquences banales qu’un jour seulement
on découvre, on déchiffre dans notre brousse intérieure, et qui, dès lors
deviennent absurdes ou intolérables. » « Allons d’abord
au Musée d’art contemporain. À l’entrée, Gilles Boisvert expose une série
de trente dessins réalisés au cours du printemps et de l’été dernier.
Trente dessins dans lesquels il se raconte, dans lesquels il parle de
politique et de rêve, trente dessins d’’une vigueur combative et lyrique
qu’il fait bien plaisir Ă voir. » « Les tableaux récents de Gilles Boisvertsont en quelque sorte un chant d’hommage à la grandeur et à la splendeur de la mer, de ses vagues, de ses éclats, de ses horizons. Un hymne à la nature. Le regard que l’artiste pose sur les mouvements naturels fait voir une énergie, une force qui éveille des sensations et émotions inscrites au plus profond de l’humain. » |
IMAGES ET GESTES À propos de peinture : Pendant plus de quarante ans de pratique artistique, le geste a été au fondement de mon œuvre, geste actualisé dans l’exploration spatiale et picturale. Le geste est présent dans ma peinture depuis le tout début, il a évolué et s’est transformé au rythme des influences extérieures et aussi, sans doute, des expériences intérieures. Puisant l’inspiration dans la mouvance de l’Action Painting des Américains et de la peinture Automatiste québécoise, ma réflexion sur le sens du geste s’est intériorisée et enrichie par l’étude des calligraphes chinois et japonais. La spontanéité et l’instantanéité de l’acte pictural gestuel se sont déployées vers des formes d’expression et de production en direct, happening, peinture en direct, événements, en interaction avec le public présent. L’interaction de la gestualité et de la structure, l’apposition du signe et de l’ordonnance, ont rythmé mon travail au cours des ans. Mon travail présent, nourri de cette expérience,
est une démarche exploratoire entre le geste pictural et le monde de l’informatique.
Il élabore un nouveau vocabulaire visuel prenant en compte ces nouveaux
outils.
« Lart est expression. Lart est communication. Linformatique est passée à lère des technologies de linformation. Les artistes en arts visuels ont maintenant à leur disposition ces nouveaux moyens technologiques. Linformatique devient un de leurs outils de recherche et de création. Lécran cathodique est un support intrinsèque au même titre que le papier ou la toile. Ces outils de création semblent cependant inquiétants et beaucoup de créateurs sont réticents face à la multitude et à la complexité des moyens mis à leur disposition. Et, pour ceux qui osent, trop souvent la technologie prend le dessus sur la nécessité de création. Un équilibre est donc à trouver, loutil est à apprivoiser et un langage est à inventer. Les oeuvres numériques sont cependant là pour rester. Les
artistes peuvent maintenant utiliser le moyen extraordinaire de diffusion
quest Internet. Quel créateur na pas rêvé
de montrer ses oeuvres au monde entier? Par Internet la planète
entière est à leur portée, instantanément. » |
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